Fêter une centenaire et, de nos jours, devenu une banalité. L'événement se marque par une fête presque officielle, puisque le double jubilaire se voit remettre par le représentant de notre "cher" canton de Vaud, un fauteuil et quelques bouteilles.
Pour notre vénérable société de tir, doyenne des sociétés locales, la fête sera différente, mais néanmoins officiellement communale, la population y étant entièrement conviée; il reste à souhaiter qu'elle réponde chaleureusement à ce centenaire historique.
Il faut remonter loin dans le temps pour retrouver les origines de la société de tir "Aux Armes de Guerre de Genollier", Gilbert Rochat dans "L'histoire de Genolier" écrit que c'est au début du 17ème siècle qu'apparaîssent les premières fêtes de tir, le 23 mai 1728, le gouverneur de l'époque offrait deux quarterons (50 l.) de vin aux garçons qui s'exerçaient au tir, fallait-il avoir 0.8 pour être roi du tir? Gilbert Rochat ne le dit pas! Un parchemin que détient le Président d'honneur André Richard, réglemente un tir à prix, rédigé en vieux français, il est signé: de Bonstetten, Très Noble Magnifique et Très Honoré Seigneur Bailly de Nyon, il date de 1790. Ce n'est donc pas une centenaire que nous fêterons mais bien une bi-centenaire.
Les premiers emplacements de tir devaient se situer au-dessus du village, probablement au chemin de Très-chez-Roget, à même le sol, direction le "Bas des Côtes", les tireurs astreints au tir militaire se rendaient à Arzier.
Le 20 février 1896, Jules Bozonnet, sergent au bataillon 2, préside devant 17 membres l'assemblée constitutive de la société de tir "Aux Armes de Guerre de Genollier", le secrétaire est Alfred Pinel, boulanger du village. Huit jours après, le 28 février, une assemblée générale approuve les statuts, la finance d'entrée est fixée à fr.2.-.
Une année plus tard, en 1897, construction du stand de tir à l'emplacement de la Colonie de vacances et, le 20 juin, grande fête inaugurale avec la fanfare Mosetti - Quiblier qui conduira aussi le bal; le prix pour le banquet est fixé à fr.2,50 vin compris!
Avec la construction de la ligne de chemin de fer Nyon-St Cergue-Morez, surgissent les premiers problèmes, la ligne de tir étant coupée par la voie; durant quelques années le train annonçait son passage par un coup de klaxon pour arrêter les tirs et un deuxième signal une fois le danger écarté; cette manière de faire dura jusqu'en 1920. Des tractations entre la commune et la direction du Nyon-Morez aboutissent par un accord pour le déplacement du stand au-dessus de la ligne de chemin de fer, construit en bois il restera en service jusqu'en 1953.
Quelques anecdotes souriantes concernant ce passé, les cibares devaient fournir l'amidon nécessaire pour coller les cibles; dans une séance du 21 février 1897, il est décidé d'allouer un salaire de fr. 10.- au secrétaire et au boursier; le 31 août 1920, un membre menuisier de son état s'est vu écarté pour des travaux à la ciblerie; il adresse par voie recommandée une lettre demandant le remboursement des fonds qu'il a versé à la société avec un intérêt de 8%; le marqueur (cibare) qui ne serait pas en état de remplir sa fonction sera remplacé par sa caution et passible d'une amende, il ne recevra aucune rétribution.
C'est sous l'impulsion du président de l'époque, André Richard, que de longues et laborieurses discussions s'engageront en 1953 entre la municipalité et le comité pour trouver un nouvel emplacement de tir; les endroits proposés ayant chaque fois "des pour et des contre" la solution finale revient à la compréhension de Mr. Louis Prélaz père qui proposa l'emplacement actuel situé sur la route de Coinsins au lieu dit Pont-de-l'Aigue.
C'est dire que depuis 1953, notre doyenne dispose d'installations sans cesse modernisées, d'un emplacement idéal, bien que gênant pour quelques constructions venues bien après, d'une buvette sympathique et d'un comité dynamique que préside Philippe Lenoir.
La fête s'annonce belle, elle le sera, et nous souhaitons à notre bonne vieille doyenne tous le succès qu'elle mérite.
Pierre Sublet
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1896
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Jules Bozonnet |
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1924-1925
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Adrien Barillier |
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1926-1927
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Robert Mattille |
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1928
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Fritz Hauser |
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1929-1932
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Robert Mattille |
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1933-1944
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Paul Bolay |
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1945
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Philippe Lenoir |
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1946
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Paul Bolay |
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1947-1948
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André Richard |
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1949
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Paul Bosson |
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1950-1966
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André Richard |
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1967-1977
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Robert Monod |
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1978-1980
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Hermann Seemann |
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1981-2004
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Philippe Lenoir |